TEXTE DU MOMENT

Pour nourrir notre foi

JEUDI SAINT 2022 : 
LES MERVEILLES DE DIEU

            Chers frères et sœurs, nous commençons aujourd’hui le triduum pascal de la passion, mort et résurrection de notre Sauveur. En cette soirée du Jeudi Saint, nous célébrons un événement absolument essentiel dans l’histoire du salut, un geste sublime dont on peut dire qu’il est folie des folies de Dieu. Jésus met son corps et son sang à la disposition de tous. Il nous est raconté par les Évangiles de Saint Matthieu, Marc et Luc, ainsi que par Saint Paul dans la deuxième lecture que nous venons d’écouter. La veille de sa mort, Jésus a réuni ses disciples pour son dernier repas. Il prit du pain et du vin et dit : « Prenez et mangez, ceci est mon corps… Prenez et buvez, ceci est mon sang versé pour vous et pour la multitude… » C’est ce soir-là que Jésus a institué l’Eucharistie et ainsi le sacerdoce.

             L’eucharistie : Ce Jeudi Saint nous rappelle donc que Jésus se donne comme nourriture et comme boisson. Il permet à tous les chrétiens du monde de recevoir son corps et son sang sacrés, offerts volontairement sur la croix, offerts à chaque messe en nourriture à ses amis. « L’Eucharistie est source et sommet de toute vie chrétienne et de toute évangélisation » nous affirme le concile Vatican II. Il est absolument essentiel pour tout chrétien de puiser à cette source et de gravir ce sommet. C’est là que nous recevons la force dont nous avons besoin pour continuer notre route, pas n’importe quelle route mais celle à la suite du Christ.

           

 

           Cette veillée du jeudi saint nous révèle cet amour extraordinaire de Dieu pour le monde. Nous n’aurons jamais fini de méditer sur cette générosité qui dépasse tout ce que nous pouvons imaginer. C’est par ce sacrifice suprême du Christ que tous les hommes peuvent accéder au salut. C’est Jésus qui se donne en nourriture. Il veut faire de nous ses amis intimes. Il se donne à nous pour nous communiquer sa vie et son amour. Si nous méditons cette sainte cène et réalisons la somme d’amour que le Seigneur nous a donné cette nuit-là, nous pourrions alors comprendre combien il est nécessaire pour nous de venir prendre part à cette célébration régulièrement.

 

             Avec l’institution de l’Eucharistie, le Seigneur institue explicitement le sacerdoce pour continuer cette célébration jusqu’au jour d’accomplissement de notre salut. Nous sommes tous prêtres par la grâce de notre baptême. Alors aujourd’hui d’une manière spéciale, pensons à tous nos prêtres, tous ceux qui ont été oints pour consacrer le pain et le vin et pour le service, à tous ces prêtres que nous connaissons personnellement ; et sans cesse, prions pour eux, pour qu’ils s’efforcent jour après jour de devenir des prêtres selon le cœur du Seigneur. Car comme notre fondateur Scalabrini le disait : « Dans sa bonté infinie, le Seigneur n’a pas choisi ses ministres parmi des anges mais parmi des hommes, c’est-à-dire parmi des êtres humains pleins d’infirmités et imperfections. » Prions pour tous ceux qui peinent pour le bien de l’Eglise et de leur frères et sœurs, et spécialement pour ceux qui rencontrent des moments difficiles.

             Avec l’institution du sacerdoce, le Seigneur n’oublie pas de montrer l’exemple pour tous ceux qui vont le suivre. Après avoir fini de laver les pieds des disciples, Jésus leur laisse également cet acte comme testament : « C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous ».  Par cet acte, il ne laisse pas une place d’honneur à ces disciples mais au contraire, de serviteur, celui qui s’abaisse pour servir ses frères et sœurs. « C’est un exemple que je vous ai donné. » Cet exemple de Jésus est aujourd’hui un appel et aussi un renoncement de tout comportement de l’Église qui ne serait pas celui d’une servante de l’humanité. Tout comportement d’un pape qui ne serait pas le serviteur des serviteurs. Tout comportement d’un évêque, d’un prêtre qui oublieraient leur mission de service. Tout comportement d’un diacre qui ne serait pas par excellence le signe du Christ-Serviteur. Tout comportement d’un chrétien donneur de leçons.

 

            Frères et sœurs, aujourd’hui comme autrefois Jésus nous rejoint dans notre humanité blessée où beaucoup souffrent de la haine, de la violence et de la précarité. Pensons à tous ces réfugiés qui fuient leur pays en guerre, soumis à des persécutions ou la famine. C’est dans ce contexte que nous devons faire preuve d’inventivité pour célébrer ce « mémorial » institué par le Seigneur. Le pain partagé et l’abaissement de Jésus nous introduisent au service et à l’humilité.

            Tout au long de cette semaine sainte, nous célébrons l’amour qui se manifeste en actes ; l’amour qui pousse Dieu à se donner lui-même à nous ; l’amour qui le pousse à supporter la croix ; l’amour qui le pousse à accepter la mort sur la croix ; l’amour qui le fait ressusciter pour nous donner la vie.

             Accueillons donc cet amour et devenons le signe de ce même amour pour notre temps. Que cette mémoire célébrée aujourd’hui nous renforce et nous pousse à peiner sur le champ de notre société où Jésus nous a envoyés après son exemple.

 

p. Thomas

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